Personnes âgées

old eyes by MJAphotography
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    Le vieillissement peut se définir par une sommes de pertes: c'est ce qui le rend si douloureux. Bien souvent, c'est la rencontre avec le miroir qui confronte à la dure réalité de sa propre usure. Les premières blessures narcissiques se font sentir lorsqu'il faut faire le deuil de l'image d'un corps vigoureux et résistant aux assauts du temps. Après ce constat "visuel", des chûtes, des accidents surviennent par faute d'inattention et de la diminution progressive de la sphère sensori-motrice. Par ailleurs ce cortège de désagrément comprend notamment le vieillissement sexuel fonctionnel qui ne s'accompagne pas pour autant d'une perte de désir, bien au contraire: le désir et la séduction sont d'autant plus prégnant à l'esprit que leur satisfaction dans le plaisir en est rendu difficile.

 

    La perception du temps n'est plus la même qu'auparavant. Toute la vie durant, nous vivons dans l'illusion d'un temps cyclique, cependant, l'âge fait apparaître à quel point il s'agit d'une erreur et que le passé ne peut s'annuler... rien ne s'efface. C'est justement pour cela que les aînés sont si friands de circularité dans leur vie (le radotage en l'occurrence). Ce radotage a plusieurs fonctions psychique: il sert à se rassurer sur l'efficience de sa propre mémoire grâce à une histoire bien connue; mais également à se renarcissiser face à des évènnements difficiles à vivre; il sert également à annuler le temps qui passe en répétant une même séquence (ainsi recréer la circularité des premières impressions de la vie). Dans la même logique symbolique, les rituels rassurent le sujet âgé alors que l'inattendu génère de l'angoisse.

La souffrance de vieillir

 

    Vieillir est un procédé physiologique naturel qui doit s'accompagner de processus psychique cohérent et adéquat aux nouvelles données de la vie du sujet. Ces derniers relèvent d'une entreprise douloureuse et couteuse qui s'accompagnent de certains symptômes.

 

  • Le premier d'entre eux est bien évidemment l'angoisse. Elle est en grande partie liée à la prise de conscience du vieillissement. Celle-ci est une crise existentielle. L'angoisse apparaît avec la perte progressive des capacités et habilités connues du sujet, avec la menace ressentie de plonger dans la démence. C'est en partie la réaction de l'entourage face à ces pertes qui détermine l'intensité de l'angoisse éprouvé, notamment la crainte non dissimulée des aînés, d'être placé en institution, sous tutelle, etc.
  • D'autre part, les deuils et décès successifs fragilisent la personne qui encoure le risque de glisser d'une dépression de deuil normale vers une dépression pathologique.
  • Le sujet peut-être plongé dans une grande confusion qui se révèle être un excellent indicateur de la présence d'une affection physiologique.
  • Pour finir le repli sur soi permet au sujet de se protéger. Cependant, cela laisse passer l'angoisse au travers de la carapace fermée et que cette dernière est particulièrement inconfortable.

 

    C'est pour toutes ces raisons que nos aînés peuvent nécessiter autant que n'importe qui, du soutien d'un psychologue, d'autant plus qu'un sujet âgé est tourné vers la réflexion, la méditation et la contemplation: ce n'est donc pas qu'il pense moins bien, mais qu'il pense autrement et à autre chose.

 

i'm too old for this by iScreamLav
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